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Toxinet : le blox du tox

Marc, c’est ce qui était écrit sur ma carte d’identité du temps où j’en avais encore une, alias Marco à l’époque où j’avais encore des proches et que j’étais suffisamment aimé pour qu’on ait envie de m’affubler d’un surnom affectueux. Aujourd’hui, personne n’éprouve le besoin de m’appeler par un nom, un prénom ou un surnom. Au mieux, je suis la p’tite merde de mon dealer et j’avoue que c’est ainsi aussi que je pense à moi, quand il m’arrive de penser à moi. C’est un phénomène assez nouveau, j’ai vécu longtemps sans penser à quoi que ce soit et encore moins à moi ou à ce que je suis, on va appeler cela un instinct de survie psychologique… Sauf que récemment, deux neurones ont dû se court-circuiter et ont remis mon cerveau en route, la machine à réfléchir fonctionne à nouveau. Quand un engin pareil n’a pas servi depuis longtemps, il est grippé, il grince, il est rouillé de partout, et c’est moi qui dérouille. Je repense au passé, je regarde ce qu’il se passe autour de moi et je ne me contente pas de voir, je cogite. Journaleux de mon métier dans une autre vie, je ne peux pas garder pour moi ce que mon cerveau malade, intoxiqué et en manque de relations sociales peut accoucher. J’ai un besoin nouveau qui se fait sentir, un besoin d’écrire, un besoin de témoigner, de partager. Alors, ici, ce ne sera pas Marc, ni Marco, ce ne sera pas p'tite merde non plus, mais ce sera SDFblogger !

C'est pas moi !

Publié le 3 Janvier 2016 par SDFblogger

J’ai fêté le premier jour de l’année et mes poches pleines avec des doses bien tassées, je n’étais pas très opérationnel. J’avais un réveillon de merde à ou blier, surtout. Alors, hier, c’était descente en douceur et à l’ouest complet. Je me suis traîné faire la manche pour la forme même si je n’en avais pas besoin mais ma tête n’inspirait guère ce genre de pitié et puis j’ai piqué un somme à la bibliothèque entre deux messages.
Je suis rentré « à la maison » pour trouver Arnaud planté devant mon carton.
Il m'a fait remarquer qu'il aurait pu se servir dans mon sac mais ne l'a pas fait préférant m'attendre pour me demander si j'avais de la bouffe. C’est bien mon gars, ça rentre…
Mon sac plastique était presque vide mais pour remercier le petit malin qui se la joue bon garçon, je lui ai filé du blé pour nous ramener deux hotdogs.

Connaissant le cours du hotdog dans le quartier, je lui ai fait remarquer qu’il manquait de la monnaie et que soit, il s’était fait arnaquer, soit il en avait descendu une petite dizaine en chemin, soit c’est lui qui était en train d’essayer de m’arnaquer. Ce petit con m’a tenu tête et c’est moi qui me suis fait insulter !
Il a fallu que je le secoue un peu et que je gueule pas mal pour récupérer mon fric. Je me suis lancé dans une grande leçon de morale sur ce qui allait lui arriver s’il continuait comme ça, à ne respecter personne. Il s’est énervé et et partie dans une diarrhée verbale, il paraît que je ne me rends pas compte, que j’ai la vie facile, que je gagne de l’argent facilement, etc… le tout agrémenté de quelques coups de pieds pendant que j’essayais de le teir à distance. J’ai fini par lui conseiller de rentrer chez lui ou d’accepter l’aide de la protection de l’enfance. Et d’un gamin agressif, éructant, dont je tenais le col du blouson dans mon poing, je me suis retrouvé avec un môme pleurnichant dans mes bras.
Consoler, ça c’est quelque chose que je ne sais pas faire. J’ai pourtant passé l’après-midi à m’y employer.
Je n’ai pas dû être très efficace parce que ce matin, je l’ai encore pris la main dans le sac.
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