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J'avais fait part de mon manque d'inspiration et j'avais lancé un appel à sujets que je pourrais développer (je suis toujours ouvert aux suggestions.) On m'a posé trois questions auxquelles je vais essayer de répondre même si c'est assez difficile et dépend de mon état d'esprit du moment (aujourd'hui étant un bon jour, la réponse sera, j'espère, assez positive) :
J'aimerais savoir si tu vibres encore pour autre chose que ta dose.
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As-tu des envies morales ou matérielles? Imagines-tu parfois quelle pourrait être ta vie autrement?
Alors pour commencer, est-ce que je vibre pour ma dose... ? Je vais dire que j'en ai besoin, que j'en tremble, que j'en ai mal, que ça me bouffe, que c'est vital. Est-ce que j'en « vibre » au sens où on « vibrerait » en écoutant un morceau de musique extraordinaire, en mangeant un plat exceptionnel, etc ? Je ne crois pas.
Un shoot, c'est pour moi le soulagement, le bien-être, la chaleur qui se répand, le paradis artificiel... alors pourquoi, je dis que ça ne me fait pas « vibrer » ? Parce que si c'est tout cela (soulagement, bien-être, chaleur, paradis...), c'est tout simplement parce que ma dose n'est en fait qu'un formidable court-circuit ! Ca court-circuite les pensées, les soucis, la douleur physique comme morale, le froid et même, le plus magique de tout, la personnalité. Après un shoot, je ne suis plus moi, je suis quelqu'un d'autre, quelqu'un qui se sent bien.
Est-ce qu'on peut « vibrer » pour un court-circuit, pour quelque chose qui annihile qui je suis ? Je ne crois pas. Cela reste mon besoin vital, ma préoccupation première, ce dont j'ai besoin pour fonctionner, pour être un autre « moi », un « moi » que j'apprécie mais je ne pense pas que cela soit quelque chose qui fasse « vibrer ».
Alors, pourquoi je « vibre » ? Question difficile !
Peut-être que je ne vibre plus pour rien, peut-être que je ne suis pas capable de vibrer quand je suis en recherche de ma préoccupation première, peut-être que ce nouveau « moi » que je fabrique à l'aide d'une seringue n'est pas capable de « vibrer ».
« Vibrer » est un mot fort, alors je vais vous dire ce que j'aime ou apprécie :
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J'aime écrire, réfléchir à ce que je vais écrire, j'aime savoir que quelqu'un a lu. C'est nouveau dans ma vie (ça existait déjà mais dans une autre vie...) et ça devient une petite préoccupation dans mes journées : j'y pense, je cherche un ordinateur ou une prise, du wi-fi, je me creuse un peu la tête... J'attends ces moments, j'attends de vous lire et alors, j'existe !
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J'aime lire. Je suis un dévoreur de mots. Je trouve notre principe alphabétique fascinant. Je ne suis pas un lecteur d'histoires, je m'intéresse plus à la forme qu'au contenu. Je peux lire n'importe quoi du moment que les lettres peuvent se combiner en syllabes et les syllabes en mots : du contenu d'un carton, au journal en passant par le plan de métro.
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J'aime la chaleur, le chaud, sur mon corps, qui descend jusque dans mes pieds, dans ma bouche, jusque dans mon estomac...
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Et j'espère que j'aime d'autres choses encore !
Est-ce que j'ai des envies morales ou matérielles ? Oui !
On va passer sur l'envie, le besoin, l'objectif de mes journées, je pense que vous avez compris l'idée.
Je vous en ai déjà parlé, pouvoir
toucher, être touché me manque beaucoup, donc oui, c'est une envie. Serrer la main, embrasser, effleurer, même, c'est une envie. Et bien sûr, plus si affinités...
J'ai souvent envie d'une douche, de savon, d'un shampoing. C'est une envie que j'arrive à satisfaire sur une base assez régulière mais qui appelle une autre envie : des vêtements propres ! La machine à laver est un luxe qui me semble inabordable. Les lavomatiques sont accessibles mais qu'est-ce que je mets pendant que futal tourne avec le reste de mes fringues ? L'exhibitionnisme n'étant pas dans mes habitudes, je suis obligé de faire sans.
Des fois, rarement, j'ai la dalle et
envie de manger. C'est un besoin qui ne se fait pas particulièrement ressentir. De temps en temps, une odeur, un coup d'oeil sur quelqu'un qui se lèche les babines réveillent des envies. C'est rare mais ça arrive. Aujourd'hui, les odeurs émanant d'une cahute de marchand de hot-dogs m'ont alléché.
Des envies morales ? Pfff... ça devient personnel, là ! Être touché, c'est peut-être plus moral que matériel, je pense.
Ensuite, j'ai envie de parler mais je n'en suis pas capable. J'ai envie d'être certain que j'existe aux yeux de quelqu'un.
Et je vais m'arrêter là.
Dernière question, est-ce que j'imagine parfois ma « vie autrement » ?
Non. Au-delà de ces envies que je viens d'aborder, je n'y pense pas et maintenant, qu'on me pose la question, je me dis que c'est une éventualité que je n'ai pas envie d'aborder.
Cette question fera peut-être son chemin, cette nuit... ou une autre... ou pas.
Ca m'arrive souvent de revenir plus tard sur une idée que j'avais écartée : demain après-midi, je
retourne chez les NA, ce n'est qu'un exemple.